Algèbre et géométrie
Combinatoire et dénombrement
Listes, arrangements, permutations, combinaisons et triangle de Pascal
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- Reconnaître le bon modèle : ordre ou pas, répétition ou pas
- Dénombrer des -uplets (), des -uplets d'éléments distincts et des permutations ()
- Calculer et interpréter un coefficient binomial
- Utiliser les relations de symétrie et de Pascal, et construire le triangle de Pascal
- Dénombrer « au moins un » en passant par le complémentaire
1. Principes de base : additionner ou multiplier
Dénombrer, c'est compter sans tout écrire. Deux principes suffisent à démarrer : on additionne quand on choisit entre des cas qui ne se recouvrent pas, on multiplie quand on enchaîne des choix successifs.
Le cardinal d'un ensemble fini , noté , est son nombre d'éléments. Par exemple, : il y a quatre bases azotées dans l'ADN.
Si et sont deux ensembles finis disjoints (), alors
Plus généralement, le cardinal d'une réunion d'ensembles deux à deux disjoints est la somme des cardinaux.
Le produit cartésien est l'ensemble des couples avec et . Si et sont finis :
De même, .
Arbre de choix : 2 entrées puis 3 plats
Chaque branche de premier niveau porte le même nombre de sous-branches : le nombre de feuilles est le produit .
Un codon est une suite de 3 bases prises dans (ou pour l'ARN), avec répétition possible. C'est un élément de avec : il y a codons. Avec seulement 2 bases par codon, on n'aurait que combinaisons, trop peu pour coder les acides aminés.
2. k-uplets et parties d’un ensemble
Soit un ensemble à éléments et un entier. Un -uplet (ou -liste) de est une suite ordonnée d'éléments de , avec répétitions possibles. C'est un élément de .
Le nombre de -uplets d'un ensemble à éléments : choix pour chacune des positions.
- Un code de carte bancaire à 4 chiffres : codes.
- Les réponses à un questionnaire de 12 questions « vrai / faux » : grilles possibles.
Un ensemble à éléments possède exactement parties (sous-ensembles), en comptant et lui-même.
Démonstration exigible — Démonstration : un ensemble à éléments a parties
Notons . À toute partie de , on associe le -uplet de défini par : si , et sinon.
- Deux parties différentes donnent deux -uplets différents (elles diffèrent par au moins un élément , donc par la coordonnée ).
- Tout -uplet de et de provient d'une partie : celle des pour lesquels .
On a donc une bijection entre l'ensemble des parties de et . Ces deux ensembles ont le même cardinal, soit .
Dans un -uplet, l'ordre compte : et sont deux couples différents. Dans une partie, il ne compte pas : .
3. Arrangements et permutations
Un -uplet d'éléments distincts (ou arrangement) de est un -uplet dont tous les termes sont différents : l'ordre compte, mais pas de répétition. Il faut .
Pour tout entier , (lire « factorielle »), et par convention .
Valeurs : , , , , .
Si a éléments et :
- nombre de -uplets d'éléments distincts : (il y a facteurs) ;
- une permutation de est un -uplet d'éléments distincts (on range tous les éléments) : il y en a .
Huit nageurs disputent une finale. Un podium (or, argent, bronze) est un triplet de nageurs distincts, et l'ordre compte : podiums possibles.
Le nombre d'ordres d'arrivée complets est .
Pense « cases à remplir » : tu écris autant de cases que de positions, puis le nombre de choix possibles dans chacune. Si un élément ne peut pas resservir, le nombre de choix diminue d'une unité à chaque case.
4. Combinaisons et coefficients binomiaux
Une combinaison de éléments de est une partie de à éléments : pas d'ordre, pas de répétition. Leur nombre se note (lire « parmi »).
Avec et .
Démonstration exigible — Démonstration de l'expression de par les factorielles
Comptons de deux façons les -uplets d'éléments distincts de (avec ).
- Directement : il y en a .
- En deux étapes : on choisit d'abord la partie formée des éléments ( choix), puis l'ordre dans lequel on les range ( permutations). Le principe multiplicatif donne .
Donc , d'où .
Pour : .
Pour :
Démonstration exigible — Démonstration de la symétrie et de la relation de Pascal
Symétrie. Choisir les éléments qu'on garde revient à choisir les qu'on laisse : l'application (complémentaire) est une bijection entre parties à éléments et parties à éléments. (Par le calcul : est inchangé quand on échange et .)
Pascal (par dénombrement). Fixons un élément de . Les parties de à éléments se répartissent en deux groupes disjoints :
- celles qui contiennent : on complète par éléments pris parmi les autres, soit parties ;
- celles qui ne contiennent pas : on prend les éléments parmi les autres, soit parties.
Par le principe additif, .
Triangle de Pascal : chaque case est la somme de celle du dessus et de sa voisine de gauche
En effet, on compte toutes les parties de en les classant selon leur nombre d'éléments .
Les coefficients pour de à : la symétrie se voit, et le maximum est . Leur somme vaut .
5. Choisir le bon modèle
- L'ordre compte-t-il ? (un podium, un code, un mot : oui ; une main de cartes, un groupe, un prélèvement simultané : non)
- Peut-on répéter un élément ? (un code : oui ; des personnes différentes : non)
Puis on lit le tableau ci-dessous.
Récapitulatif (ensemble à n éléments, on en prend k)
| Situation | Ordre | Répétition | Nombre |
|---|---|---|---|
| -uplet (code, mot) | oui | oui | |
| -uplet d'éléments distincts (podium) | oui | non | |
| Permutation (classement complet) | oui | non | |
| Combinaison (groupe, main) | non | non |
Compter directement « au moins un » oblige à distinguer « exactement 1 », « exactement 2 »… Il est plus rapide de compter tout, puis de retirer les cas où il n'y en a aucun :
Dans un service de 10 soignants, on forme un comité de 3 personnes dont un président. On choisit le président ( choix), puis les 2 autres membres parmi les 9 restants, sans ordre : comités.
En Python, le module math fournit directement ces nombres :
from math import comb, perm, factorial
print(comb(10, 3)) # 120 : combinaisons de 3 parmi 10
print(perm(8, 3)) # 336 : 3-uplets d'éléments distincts parmi 8
print(factorial(5)) # 120 : permutations de 5 élémentsUn tirage simultané (on prend 5 cartes d'un coup) se compte avec . Un tirage successif sans remise où l'on note l'ordre se compte avec . Ne mélange pas les deux dans un même calcul.
L’essentiel à retenir
- On additionne pour des cas disjoints, on multiplie pour des choix successifs.
- -uplets d'un ensemble à éléments (ordre, répétition) : .
- -uplets d'éléments distincts (ordre, sans répétition) : ; permutations : .
- Combinaisons (sans ordre, sans répétition) : .
- Un ensemble à éléments a parties, et .
- Symétrie : ; Pascal : .
- « Au moins un » = total « aucun ».
- , , .
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