Constitution et transformations de la matière
Décroissance radioactive
Désintégrations, loi de décroissance, demi-vie et datation
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- Déterminer la composition d'un noyau à partir de sa notation ; reconnaître des isotopes
- Écrire l'équation d'une désintégration α, β⁻ ou β⁺ en appliquant les lois de conservation
- Exploiter la loi de décroissance et l'activité
- Utiliser la demi-vie , notamment pour une datation
- Expliquer l'usage médical des radio-isotopes et les règles de radioprotection
1. Le noyau et sa stabilité
Un noyau est noté :
- , le numéro atomique, est le nombre de protons (il définit l'élément chimique) ;
- , le nombre de masse, est le nombre de nucléons (protons + neutrons) ;
- le nombre de neutrons vaut donc .
Exemple : contient protons et neutrons.
Des isotopes sont des noyaux de même (même élément) mais de différents (nombre de neutrons différent) : , (stables) et (radioactif).
La plupart des noyaux sont instables : ils se transforment spontanément en un autre noyau en émettant un rayonnement. C'est la radioactivité. Le diagramme montre que les noyaux stables se regroupent autour d'une courbe, la vallée de stabilité : pour les noyaux légers, puis pour les noyaux plus lourds.
Le diagramme (N, Z)
La position d'un noyau instable par rapport à la vallée de stabilité indique le type de désintégration qu'il subit (schéma qualitatif).
2. Les désintégrations radioactives
Lors d'une réaction nucléaire, il y a conservation :
- du nombre de masse (somme des à gauche = somme des à droite) ;
- du nombre de charge (somme des à gauche = somme des à droite).
Les trois types de désintégration
| Type | Particule émise | Équation générale | Concerne |
|---|---|---|---|
| α | noyau d'hélium | noyaux lourds | |
| β⁻ | électron | excès de neutrons | |
| β⁺ | positon | excès de protons |
- α :
- β⁻ : (l'iode 131, utilisé contre certains cancers de la thyroïde)
- β⁺ : (le fluor 18, traceur de la tomographie par émission de positons)
Pour trouver le noyau fils, on applique les conservations, puis on lit le symbole sur la classification avec la valeur de .
Le noyau fils est souvent formé dans un état excité (noté ). Il revient à son état fondamental en émettant un photon de très haute énergie, le rayonnement γ : . Ni ni ne changent. Le technétium 99m (le « m » signifie métastable) n'émet presque que des γ : .
L'électron émis en β⁻ ne vient pas du cortège électronique : il est créé dans le noyau, quand un neutron se transforme en proton. C'est pourquoi augmente de tandis que ne change pas.
3. La loi de décroissance radioactive
On ne peut pas prévoir quand un noyau donné va se désintégrer. Mais pour un grand nombre de noyaux, le nombre de désintégrations pendant une petite durée est proportionnel à et à : , soit
est la constante radioactive (en ), propre à chaque noyau ; elle ne dépend ni de la température, ni de l'état chimique, ni de l'âge du noyau.
Solution de l'équation différentielle : est le nombre de noyaux à .
L'activité d'un échantillon est le nombre de désintégrations par seconde. Elle s'exprime en becquerels ( Bq désintégration par seconde) :
L'activité décroît selon la même loi que le nombre de noyaux.
Le corps humain a une activité naturelle d'environ Bq (potassium 40 et carbone 14). Une scintigraphie osseuse utilise environ MBq de technétium 99m.
4. La demi-vie
La demi-vie d'un noyau radioactif est la durée au bout de laquelle la moitié des noyaux initialement présents se sont désintégrés : .
Après demi-vies, il reste noyaux.
Démonstration exigible — Démonstration de
.
On applique : , donc .
Proportion de noyaux restants en fonction du temps, exprimé en nombre de demi-vies. La tangente à l'origine coupe l'axe des temps en .
Quelques demi-vies
| Noyau | Type | Demi-vie | Usage |
|---|---|---|---|
| β⁺ | 110 min | TEP (imagerie) | |
| γ | 6,0 h | scintigraphie | |
| β⁻ | 8,0 jours | thyroïde | |
| β⁻ | 5,3 ans | radiothérapie, stérilisation | |
| β⁻ | 5 730 ans | datation | |
| α | 4,5 milliards d’années | datation des roches |
Au bout de deux demi-vies, il ne reste pas mais un quart des noyaux. Et dans les calculs avec , et doivent être dans des unités cohérentes ( et s, ou et années).
5. Dater avec le carbone 14
Le carbone 14 se forme en permanence dans la haute atmosphère. Un être vivant échange du carbone avec son milieu (respiration, alimentation) : sa proportion de reste constante, et son activité par gramme de carbone vaut . À sa mort, les échanges cessent : le n'est plus renouvelé et son activité décroît.
- Mesurer l'activité de l'échantillon et la comparer à celle d'un échantillon vivant (même masse de carbone).
- Écrire , donc .
- Isoler :
Les tissus d'Ötzi, retrouvé en 1991 dans les Alpes, ont une activité en carbone 14 égale à de celle d'un tissu vivant :
Une datation n'est fiable que si la durée à mesurer est de l'ordre de quelques demi-vies : au-delà d'une dizaine de demi-vies (environ ans pour le carbone 14), l'activité restante () est trop faible pour être mesurée précisément. Pour les roches, on utilise l'uranium ou le potassium 40.
6. Radioactivité et santé
- Scintigraphie : on injecte un traceur émetteur γ (technétium 99m) qui se fixe sur un organe ; une gamma-caméra détecte le rayonnement et donne une image de son fonctionnement.
- TEP (tomographie par émission de positons) : le fluor 18, fixé sur une molécule de glucose, s'accumule dans les cellules très actives (tumeurs). Chaque positon s'annihile avec un électron en émettant deux photons γ détectés en coïncidence.
- Radiothérapie interne : l'iode 131 se fixe sur la thyroïde et détruit les cellules cancéreuses par ses rayonnements β⁻.
On choisit des noyaux de demi-vie courte (heures, jours) : assez longue pour l'examen, assez courte pour que le patient ne reste pas irradié longtemps.
Les rayonnements ionisants peuvent endommager l'ADN. Pour s'en protéger, trois leviers :
- le temps : réduire la durée d'exposition ;
- la distance : s'éloigner de la source ;
- les écrans : une feuille de papier arrête les α, quelques millimètres d'aluminium arrêtent les β, il faut du plomb ou du béton épais pour atténuer les γ.
Les particules α, peu pénétrantes, sont inoffensives à l'extérieur du corps mais très dangereuses si on les inhale ou les ingère (radon, polonium) : elles déposent toute leur énergie dans les tissus proches.
L’essentiel à retenir
- : protons, nucléons, neutrons ; isotopes = même , différents.
- Conservation de et de dans toute réaction nucléaire.
- α : émission de ; β⁻ : émission de () ; β⁺ : émission de () ; γ : photon, ni ni ne changent.
- , d'où .
- Activité : en becquerels ; elle décroît comme .
- ; après demi-vies, il reste .
- Datation : , fiable sur quelques demi-vies.
- Radioprotection : temps, distance, écrans (papier pour α, aluminium pour β, plomb pour γ).
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